Une vaste étude confirme le lien entre chronotype du soir et maladies cardiovasculaires.
Elle s’appuie sur les données de plus de 322 000 participants de la UK Biobank, suivis sur une période médiane de 13,8 ans.
Un risque cardiovasculaire plus élevé
L’étude révèle que les individus ayant un chronotype « nettement du soir » présentent un risque 16 % plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire (infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral) par rapport aux types « intermédiaires ». En revanche, les « lève-tôt » ne présentent pas de surrisque significatif par rapport au groupe intermédiaire.
Pour évaluer la santé cardiaque globale, les chercheurs ont utilisé le score « Life’s Essential 8 » (LE8) de l’American Heart Association, qui regroupe huit facteurs clés : le régime alimentaire, l’activité physique, l’exposition à la nicotine, la durée du sommeil, l’indice de masse corporelle, les lipides sanguins, la glycémie et la tension artérielle.

Le chronotype a été défini sur une seule question validée du questionnaire « Morningness–Eveningness Questionnaire ». L’incidence des MCV a été déterminée sur différentes bases de données de santé .
Une analyse de médiation a été réalisée pour décomposer l’effet causal total du chronotype sur les maladies cardio-vasculaires en effet direct et en effet indirect (médié par les LE8) avec l’hypothèse d’absence d’effets confondants supplémentaires..
Des comportements de santé défavorables
L’un des résultats les plus marquants de cette étude est que 75 % de l’association entre le chronotype du soir et le risque cardiovasculaire est expliquée par les scores de santé du LE8. En d’autres termes, ce n’est pas nécessairement l’horloge biologique interne en elle-même qui nuit au cœur, mais plutôt les comportements de santé défavorables qu’elle favorise souvent.
Les principaux facteurs médiateurs :
• L’exposition à la nicotine : expliquant 34 % du lien entre le chronotype du soir et les maladies cardio-vasculaires.
• Le sommeil : La durée de sommeil explique 14 % du risque.
• Autres facteurs : La glycémie (12 %), le poids corporel (11 %) et l’alimentation (11 %) jouent également un rôle crucial.
Les sujets du soir étaient plus souvent des travailleurs postés mais aucune association n’a été retrouvée entre le chronotype des travailleurs postés et les maladies cardio-vasculaires incidentes.
L’étude souligne que les personnes du soir souffrent fréquemment d’une désorganisation circadienne, avec un décalage entre leur horloge interne et les exigences sociales (horaires de travail, par exemple). Ce décalage peut perturber les rythmes métaboliques et comportementaux, favorisant des habitudes néfastes comme une alimentation déséquilibrée, une sédentarité accrue ou une consommation de tabac plus fréquente.
Sur le plan biologique, ce désalignement peut altérer l’expression des gènes de l’horloge interne, augmenter l’inflammation et perturber la régulation du glucose et de la pression artérielle.
Plusieurs limites de l’étude sont à noter
Le recours à une seule question sur le chronotype pourrait entraîner des erreurs de classification, malgré la forte corrélation avec le score global du questionnaire de chronotype (matinal/vespéral). Le chronotype a été évalué à un seul moment à l’inclusion ainsi que les variables LE8 qui ont été mesurées simultanément ce qui limite la possibilité d’évaluer leur potentielle évolution au fil du temps.
Bonne nouvelle, changer certaines habitudes est efficace
Cette découverte a des implications majeures pour la prévention. Plutôt que de simplement constater une prédisposition génétique, les professionnels de santé peuvent cibler les facteurs modifiables. Les interventions visant à améliorer les facteurs de risque cardiovasculaire (arrêt du tabac, amélioration de l’alimentation, régularité du sommeil) pourraient être particulièrement bénéfiques pour les chronotypes du soir.
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