Vendredi 6 novembre, vers 7 h 30, un car assurant une liaison entre Lyon et Bourg-en-Bresse a quitté la route à Lent, dans l’Ain. Une fillette de 7 ans et un jeune homme de 18 ans ont perdu la vie. Le conducteur, âgé de 26 ans, a indiqué aux enquêteurs qu’il se serait assoupi au volant, selon la procureure de la République de Bourg-en-Bresse. Ce drame remet au premier plan la question du sommeil avant une prise de poste matinale, sans que ses causes soient encore définitivement établies.
Un départ très matinal, mais une durée de sommeil inconnue
D’après les déclarations rapportées par la procureure, le conducteur était parti « très tôt le matin » et aurait déjà effectué une tournée avant le trajet accidenté. Le service concerné est identifié comme celui de 5 h 35 au départ de Lyon . En revanche, l’heure exacte de sa prise de poste (certaines sources signalent que ce n’était pas son premier tour), son heure de coucher et la durée de son sommeil avant l’accident ne sont pas connues publiquement dans les informations disponibles. On peut fortement supposer qu’il manquait de sommeil sans pouvoir l’affirmer.
Les premiers dépistages d’alcool et de stupéfiants sont négatifs. L’hypothèse d’un assoupissement, jugée probable par le parquet au vu des premiers témoignages, doit encore être replacée dans la reconstitution complète des circonstances de l’accident.
Se coucher tôt n’est pas toujours simple chez le jeune adulte
Les horaires de sommeil ne dépendent pas seulement de la volonté. Ils sont aussi influencés par l’horloge biologique. Les travaux de chronobiologie montrent une tendance à des horaires plus tardifs au cours de l’adolescence, avec un maximum autour de 20 ans, puis une évolution progressive vers des horaires plus précoces. Certains jeunes adultes restent néanmoins davantage « du soir » que d’autres.
Pour ces personnes, avancer fortement le réveil afin de travailler tôt ne s’accompagne pas nécessairement d’un endormissement aussi avancé. La nuit peut alors se trouver écourtée. Ce mécanisme constitue un enjeu général de prévention.
Quelques heures de sommeil en moins peuvent peser lourd
Les sociétés savantes recommandent aux adultes au moins sept heures de sommeil par nuit sur une base régulière. Dormir insuffisamment altère notamment l’attention soutenue et augmente le risque d’erreurs et d’accidents. Une restriction répétée peut aggraver ces déficits au fil des jours.
Dans une étude américaine publiée en 2016, les conducteurs déclarant avoir dormi cinq à six heures au cours des dernières 24 heures présentaient un risque d’accident estimé presque deux fois supérieur à celui des conducteurs ayant dormi au moins sept heures. Ces résultats observationnels ne préjugent pas des causes du drame de Lent, mais rappellent qu’une nuit raccourcie n’est pas anodine lorsqu’il faut conduire.
L’enquête devra établir les circonstances précises de cet accident. Sans anticiper ses conclusions, celui-ci invite à poser une question de prévention : comment organiser les prises de poste précoces pour qu’elles restent compatibles avec un sommeil suffisant, notamment chez les personnes dont l’horloge biologique favorise des horaires tardifs ?
Au volant, des paupières lourdes ou des bâillements répétés imposent de s’arrêter dans un lieu sûr pour dormir, sans attendre la prochaine pause prévue.











