Sous la coordination de l’Institut du Sommeil et de la Vigilance, ce vendredi 13 mars 2026, plus de 60 centres du sommeil et structures spécialisées ouvriront leurs portes dans toute la France pour informer le public et échanger avec les spécialistes. Vous retrouverez le programme sur http://www.journeedusommeil.org/
42 % des Français estiment que “bien dormir” est le premier pilier de santé, devant “bien manger” (38 %) et “bien bouger” (20 %).
“Cette évolution traduit une prise de conscience du rôle du sommeil, ce qui est très encourageant pour notre équilibre physique et mental. » observe Docteur Isabelle Poirot, Présidente de l’INSV,Psychiatre, Spécialiste des troubles du sommeil, CHU de Lille.
L’enquête de cette année est centrée sur notre environnement
Les résultats de l’enquête mettent en évidence l’influence de l’environnement sur la qualité des nuits. La lumière naturelle constitue le principal synchroniseur de l’horloge biologique. Pourtant 71% des Français passent moins d’une heure par jour à l’extérieur en semaine. Dans le même temps, l’exposition aux écrans reste importante : 58 % des Français dorment avec leur smartphone allumé dans leur chambre et près d’un tiers s’endorment avec un appareil électronique en fonctionnement. En conséquence, l’hypersomnolence, signal d’alerte fonctionnel d’un sommeil insuffisant ou fragmenté, est plus fréquente chez ces derniers. Cela n’est pas sans conséquences sur la vigilance et sur la vie quotidienne. 25% des Français rapporte, notamment, au moins un épisode de somnolence au volant au cours de l’année écoulée, une proportion qui atteint 43% chez les travailleurs de nuit, irréguliers ou décalés.
Plus d’un tiers des Français (36 %) se disent gênés par le bruit au cours de la nuit. Cette nuisance sonore, qui provient principalement de l’extérieur du logement ou du voisinage, perturbe l’endormissement et suscite des réveils nocturnes 1,8 fois/nuit en moyenne. “Lorsque le bruit perturbe régulièrement le sommeil, celui-ci devient plus léger, moins réparateur et plus fragmenté, ce qui empêche le sommeil de remplir ses fonctions” explique le docteur Armelle Rancillac, Membre du Conseil scientifique de l’INSV, Neurobiologiste au Collège de France, chargée de recherches à l’Inserm.
Enfin, les trop fortes chaleurs accentuent ces difficultés : 81 % des Français déclarent que les derniers épisodes de fortes chaleurs ont perturbé leur sommeil.
Marqueur des inégalités de santé, sociales et territoriales, le sommeil nécessite une approche globale
L’enquête montre également que les conditions de vie, à l’instar des maladies chroniques, influencent fortement la qualité du sommeil. Les personnes qui vivent en appartement ou dans des environnements urbains sont plus exposées aux nuisances sonores, à la chaleur estivale ou à l’insécurité. Des contraintes qui s’ajoutent souvent à des rythmes de travail atypiques ou à des situations de précarité. Ces observations rejoignent les travaux récents sur la santé circadienne [5] qui soulignent l’importance de l’alignement entre nos rythmes biologiques et nos rythmes de vie.
Lorsque ce désalignement circadien s’installe, il peut affecter la qualité du sommeil mais aussi la santé mentale, les performances cognitives ou encore la santé cardiovasculaire. Or les maladies chroniques, qui concerne d’41% des Français interrogés, majorent les risques de souffrir de troubles du sommeil. C’est le cas pour 74% des patients présentant des affections dermatologiques ou encore pour 64% des patients qui souffrent de troubles psychiques.
« Le sommeil est à la fois un symptôme et un facteur aggravant des problèmes de santé. C’est pourquoi il est indispensable d’adopter une approche globale du sommeil, qui dépasse la seule prise en charge individuelle.” conclut le Professeur Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, Président du Conseil Scientifique de l’INSV.
En conclusion, prendre soin du sommeil revient à prendre soin de nos rythmes de vie et des environnements dans lesquels nous vivons. C’est aussi reconnaître que la qualité de nos nuits participe étroitement à la qualité de notre santé individuelle et plus largement à celle de la collectivité.












